L'Année Liszt

En 2011, nous commémorons le bicentenaire de la naissance du compositeur et pianiste hongrois, Franz Liszt. Artiste majeur du XIXème siècle, il faisait partie des habitués de Nohant. Le département lui rend donc hommage à travers expositions, manifestations et publications. A voir et à entendre pour la beauté des notes – et de l’esprit de l’homme.

« Que l'art auquel vous vous êtes adonnés est une noble et douce vocation, et que le mien est aride et fâcheux auprès du vôtre! Il me faut travailler dans le silence et la solitude, tandis que le musicien vit d'accord, de sympathie et d'union avec ses élèves et ses exécutants. La musique s'enseigne, se révèle, se répand, se communique… Oui, la musique, c'est la prière, c'est la foi, c'est l'amitié, c'est l'association par excellence.» Ces quelques mots de George Sand à Liszt sont assurément ceux qu’aurait pu prononcer son ami. Lorsqu’elle le rencontre en 1834, celui que l’on surnomme déjà le « roi des pianistes » est un professeur réputé qui traverse les plus belles capitales européennes, auréolé d’un succès sans égal.

Liszt est né en Hongrie le 22 octobre 1811. Son père, intendant des domaines du Prince Esterhàzy et violoncelliste l’initia bientôt à la musique et décela chez son fils l’âme d’un virtuose. « Mon fils, tu es prédestiné ! Tu réaliseras cet artiste idéal dont l'image avait vainement fasciné ma jeunesse. En toi s'accomplira infailliblement ce que j'avais pressenti pour moi. » A l’âge de dix ans, il part pour Vienne afin suivre les cours de deux grands professeurs, Antonio Salieri et Carl Czerny. Comparé à Mozart, il a le privilège d’être reçu par Beethoven qui reconnaît ainsi son talent.

Son père lui suggère d’entrer au Conservatoire de musique de Paris mais il est finalement évincé parce qu’il n’est pas français. Il gagne donc l’Angleterre. De retour à Paris en 1827, il rencontre les esprits éclairés de son temps et se lie d’amitié avec Frédéric Chopin, Hector Berlioz, Victor Hugo, Niccolò Paganini et Eugène Delacroix. C’est à cette époque, en 1834, que Franz entame une liaison passionnée avec une femme mariée, Marie d’Agoult qui lui donnera trois enfants dont Cosima, future épouse de Richard Wagner. Le compositeur hongrois est un homme qui aime séduire mais qui sera souvent profondément troublé par ses aventures amoureuses.

Puis, c’est le temps des voyages et des tournées. En 1848, il devient maître de chapelle à Weimar. Il se consacre alors au professorat et à la composition. Épris de la princesse Carolyne Sayn-Wittgenstein, ils cherchent ensemble à faire annuler le mariage de la jeune femme mais finissent par renoncer en 1865. Depuis toujours nourri par une intense spiritualité, il rejoint les Franciscains et adopte les Ordres mineurs. Jusqu’à sa mort en 1886, l’abbé Liszt partage son temps entre Budapest, Rome et Weimar.

Pianiste, compositeur, chef d’orchestre, écrivain, artiste généreux et doté d’une intelligence exacerbée, Franz Liszt a donné ses lettres de noblesse au récital. Il fut le pianiste le plus influent du XIXème siècle, et un précurseur extraordinaire du point de vue de la composition. Ainsi qu’un grand humaniste : « Les arts sont le plus sûr moyen de se dérober au monde ; ils sont aussi le plus sûr moyen de s'unir avec lui...»

Cyril Huvé vous propose de découvrir des oeuvres de Liszt.
Le pianiste Cyril Huvé fait partie des lauréats des 17èmes Victoires de la musique classique qui ont eu lieu le 8 février 2010. A 56 ans, cet expert en pianoforte a été récompensé dans la catégorie « Enregistrement » pour un disque de Mendelssohn sorti chez le jeune label Piraty. Nous vous proposons de découvrir sa biographie dans la rubrique « Plus d’infos ».

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Plus d'infos

Du 22 au 30 octobre 2011 : 10ème édition des Lisztomanias « Liszt hongrois ! »

Lancement à Paris, Salle Gaveau, le 22 octobre avec l’oratorio Christus (coproduction franco-hongroise, Chœur et orchestre de la radio de Budapest) puis série de concerts à Châteauroux avec de nombreux artistes invités : Chœur de l’Armée française (Requiem), Pascal Amoyel (spectacle Le pianiste aux cinquante doigts), Maurizio Baglini (intégrale des Études), Giovanni Belluci (intégrale des Rhapsodies hongroises), Gergely Bogányi (récital « Liszt hongrois »), Bertrand Chamayou (intégrale des Années de pèlerinage), Antoine Hervé (« Oscar Peterson, le Liszt du jazz »), Etsuko Hirose, Quatuor Elysée… Et aussi, animations dans les cafés de Châteauroux, Académie Liszt par Giovanni Bellucci, exposition au Musée Bertrand (« Le concert, c’est moi ! »), etc. Toutes les dates sur www.lisztomanias.fr

Colloques, conférences, concerts et expositions auront lieu à travers tout l’hexagone. Vous pourrez retrouvez l’ensemble de la programmation en lien avec le bicentenaire de la naissance du compositeur hongrois sur www.liszt2011.fr