La boucle de Montcifray à Chabris

  • Crédit photo : E. Trotignon  
  • Crédit photo : J. Beaumont 
Mise à jour :
3/8/2015 à 11 h 05
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Une longue histoire
Sur la boucle de Montcifray, la présence de l’homme est avérée dès le Paléolithique moyen puis à l’époque romaine, comme en témoignent les nombreux vestiges retrouvés sur site. Aujourd’hui, les bois dominent : il n’en a pas toujours été ainsi. En 1807, la ferme de Montcifray – qui a disparu – comptait 212 moutons, jetés sur les pacages et les labours. Les parcelles étaient vastes, bordées de haies. En 1841, une première digue est édifiée, destinée à limiter l’impact des inondations ; le domaine est aussi dépecé en petites lanières, nouveaux lieux de maraîchage et de jardinage. Eux-mêmes délaissés un siècle plus tard : c’est alors que le bois – riche en acacias - va s’imposer. En 1950, une seconde digue est construite qu’emprunte, pour une part, le GR 41 du Pays de Valençay. Aujourd’hui, subsistent quelques labours (domaine de Villeret) et prairies localisées dans la zone inondable.

Le Cher en mouvement
La boucle de Montcifray, c’est d’abord l’action du Cher qui, depuis toujours, bouge et varie son cours ; ici, il forme un méandre rond, plaine alluviale qu’enserrent d’anciens chenaux, aujourd’hui comblés. Ce sont des bois de saules, frênes et ormes, mais aussi des prairies sèches ou mouillées, des « boires »  et des grèves sableuses, des arbres isolés, tous subissant sa loi et ses niveaux d’eau fluctuants. Lorsqu’il est à l’étiage, ressortent bien ses berges foisonnantes : grands arbres aux racines apparentes et de belle architecture, troncs courbés sur l’eau, vieux peupliers noirs à l’écorce sombre et rugueuse, saules à la souple morphologie, bois morts, lianes enchevêtrées, herbes des sables blancs. Sur cette frange arborée qui sépare la terre de l’eau, se côtoient des espèces de toutes origines : orme lisse, l’autochtone, rare et emblématique des rives des grands cours d’eau, frêne oxyphylle venu des zones méditerranéennes et érable negundo, l’américain, ce voyageur au long cours qui, un beau jour, laissa ses graines à Montcifray…  Une petite parcelle communale, fenêtre sur le Cher, vous permet, à toutes époques, d’admirer les eaux grises de la rivière, chargées de renoncules blanches au printemps… mais aussi de jussies, à la fin de l’été. (voir le moulin de Chabris).

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