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Exposition
L’artiste travaille non pas par association directe et immédiate, mais par citation « infidèle », décontextualisée, subconsciente du mythe réélaboré. Dans son processus de création, le peintre lie des images issues d’autres formes d’art (musique, cinéma, vidéo, photographie) à des héros ou divinités représentant les thèmes récurrents de la mythologie classique : la dualité et l’ambivalence, la quête de la connaissance, la lutte entre le destin et le libre arbitre.
La peinture se fait terrain de synthèse entre l’inspiration contemporaine de l’auteur, évoluant dans un contexte multimédia, et la
racine intemporelle et irréductible du mythe grec - mais désacralisé en clé presque pop art, dans une perspective intrigante.
S’éloignant de l’iconographie officielle des mythes, l’artiste opère par évocations, clins d’œil, indices parsemés qui stimulent la réflexion et l’imagination du spectateur. Le public est ainsi invité à redécouvrir les mythes sous un nouvel angle, dans une expérience que le peintre veut « immersive »et participative.
Il y a une question sous-jacente à cette réinterprétation contemporaine de la mythologie grecque : quelle est la place du mythe aujourd’hui ? Qu’est devenu le mythe dans notre époque de médiatisation, hyperconnexion, surconsommation ? En dehors de l’espace sacré de ses origines, le mythe est certes immortel mais déchu : seul reste le symbole, une pure référence littéraire, un refrain populaire.
Dans cette condition, non seulement le public est autorisé à lire et interpréter les mythes de façon personnelle, mais les mythes mêmes se font personnages en quête d’auteur. Dépouillé de sa fonction religieuse, le mythe cherche son incarnation actuelle, son image contemporaine, sa raison d’être ici et maintenant.
En réalisant cette série, Paolo Perfranceschi est resté fidèle à certains piliers de son œuvre : l’hybridation de techniques traditionnelles et contemporaines, la fusion de surréalisme et réalisme, la citation d’autres formes d’art. Parmi celles-ci, la musique tient un rôle prééminent dans MYTHOLOGICA, conçue et réalisée comme un concept album autour d’un thème commun aux différents tableaux.
C’est l’occasion pour l’artiste de rendre hommage à certains parmi ses groupes rock favoris (REM, Radiohead), dont les clips sont facilement identifiables ; mais aussi de peindre comme un musicien qui, à partir d’un riff, crée des renvois reconnaissables entre une section et l’autre de sa composition.