Christian Prudhomme, directeur du Tour de France - Agrandir l'image - fenêtre modale
Christian Prudhomme© DR

Sport

Christian PRUDHOMME

Directeur du Tour de France

Christian Prudhomme, un passionné de cyclisme et amoureux du Tour de France. Très jeune, il savait que son rêve était lié à ce sport. Après des études de journalisme, il enchaîne les radios et les chaînes TV. En 2007, il succède à Jean-Marie Leblanc en tant que "patron" du Tour.

Publié le

Pourquoi avoir choisi l’Indre pour une étape du Tour de France 2021 ?

Nous avons tissé des liens avec l’Indre et le Président Serge Descout, que j’ai eu l’occasion de rencontrer à plusieurs reprises. Il a beaucoup œuvré pour avoir de nouveau le Tour de France dans l’Indre, après dix ans sans arrivée dans le département.
En mars dernier, je suis venu à Châteauroux pour la signature de la convention de partenariat. J’ai été impressionné par tout ce qui avait été mis en place dans l'Indre : la Plaine départementale des Sports avec tous ces maillots accrochés, dont celui de Champion du monde et plus récemment, la dictée du Tour, organisée sur l’ensemble du territoire et qui a été un succès.
Les routes de l’Indre offriront une belle étape, mais surtout, il y a une vraie volonté de la part des élus locaux d’accueillir cet événement populaire. Ce n’est pas pour leur faire plaisir que nous venons en 2021, c’est avant tout car l’investissement local et l’Indre méritent le Tour de France.

Quel est le profil de l’étape qui reliera Tours à Châteauroux ?

L’étape du 1er juillet, qui arrivera à Châteauroux, sera courte, avec seulement 160 kilomètres. Elle est dédiée aux équipes avec des coureurs rapides comme Mathieu Van Der Poel, le petit-fils de Raymond Poulidor et Julian Alaphilippe.
En tant qu’organisateur, nous rêvons d’un vent de trois-quarts, permettant des coups de bordure qui pourraient dynamiter la course. Si les conditions sont réunies, cela étirerait le peloton et laisserait des coureurs derrière pour un beau finish.

Quelques mots sur Julian Alaphilippe, le coureur berrichon qui fait la fierté de notre territoire ?

Alaphilippe, c’est incroyable ce qu’il fait, il est spécial. Il répond présent quand on l’attend, notamment pour le championnat du monde, mais en même temps, il est là quand on ne l'attend pas, comme sur le Tour de France en 2019.
C’est un grand coureur, mais il faut qu’il reste lui-même et qu’il court à l’instinct. Je me souviens de sa victoire d’étape à Nice, peu après le décès de son papa, il était en larmes après avoir passé la ligne d’arrivée.
Je pense que le champion du monde donnera tout pour le Tour de France. Il s’est beaucoup entraîné en Sierra Nevada et vient de gagner la Flèche Wallonne. À la différence de 2019, si Julian porte le maillot jaune durant ce tour, il fera peur et on le connaît, quand il est premier du général, c’est un autre coureur.

En tant que passionné de cyclisme, quel est pour vous le coureur associé au Tour de France ?

Mes premières images du Tour de France, c’était en 1968. Eddy Merckx et Bernard Hinault, plus tard, ont marqué ma jeunesse. Mais si je dois retenir un nom, c’est Raymond Poulidor. Comme j’ai pu le dire à son propos peu après son décès, c’est lui qui m’a donné l’amour du vélo.
Pendant le Tour, nous étions tous les trois, avec mon père et mon frère, à écouter la radio et à changer de fréquence radio au fil de la journée. Chaque matin, nous allions chercher l’Équipe et Le Parisien. Pour continuer de vivre la course, je gardais toujours quelques articles à lire le soir.
Je sais qu’étant enfant, le jour le plus triste de l’année, c'était l’arrivée sur les Champs-Élysées. Cela signait la fin de la Grande Boucle et un an d’attente pour revivre ces moments. Les années ont passé et ce sentiment de tristesse
est toujours le même !