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Jules Michaud, c’est l’alliance indéfectible entre la passion de son territoire et l’amour de la médecine. Parti en 2015 pour ses études, le jeune Saint-Aygulphin n’avait qu’un seul objectif en tête, revenir s’installer comme médecin de campagne pour soigner la population et retrouver le clocher de Saint-Août. Ce clocher, accroché dans un cadre au mur de sa chambre d’étudiant pendant dix ans, qui lui rappelait chaque jour sa ligne d’horizon.
Au fil de son parcours, sa relation avec le docteur Akiyo a été déterminante. « Il m’a transmis ses connaissances, bien évidemment, mais surtout sa philosophie de médecin de campagne. Je l’ai vu soigner toute ma famille. C’est dans ces moments-là que je me suis dit que je voulais être ce type de médecin, à toute heure, en tout lieu, présent pour mes patients. Et pour sceller ce lien, c’est lui qui m’a remis l’épitoge de médecine lorsque j’ai prêté serment ».
L’attachement de Jules pour son territoire va bien au-delà de l’exercice de la médecine. Amoureux des traditions de ses ancêtres et fier de ses racines, il continue de s’investir pour le marché de Saint-Août, pour l’association des poules noires du Berry, ainsi que dans des représentations folkloriques. « J’ai un besoin viscéral de connexion avec ma terre, de promener mes bêtes, de faire le jardin et de ne jamais oublier mes racines. J’avais un vieux professeur qui nous disait que celui qui ne sait pas d’où il vient ne sait pas où il va. Alors oui, je suis fier de mes racines paysannes ».
Son avenir, Jules le voit évidemment à Saint-Août, « je m’imagine comme ambassadeur, pour accueillir des internes, les motiver et promouvoir ce métier passionnant de médecin de campagne ».
J’espère un jour égaler la connaissance et
l’expérience du Dr Akiyo. Je suis un jeune medecin,
qui s’installe et je souhaite prendre son relais à
Saint-Août. J’espère pouvoir être à la hauteur et
conserver toute l’humanité de cet homme qui veille
sur les Saint-Aygulphins depuis plus de 40 ans.
Toujours assis derrière son bureau, au plus près de ses patients, le doyen des médecins du Berry, le docteur Félix Akiyo, est loin d’être rassasié. À Saint-Août, il continue, jour après jour, d’écouter, de rassurer et de soigner les Saint-Aygulphins.
Arrivé en France après des études de médecine à Dakar, il n’imaginait pas y faire toute sa carrière. « Quand je suis arrivé à Saint-Août, je me suis senti très vite adopté par la population, à tel point qu’au moment de mon départ, les habitants se sont réunis pour rédiger une pétition afin de garder leur médecin de campagne ». Cette mobilisation, Félix la vit comme une dette morale envers ses patients. « C’est un cadeau de la vie, alors je resterai médecin pour eux tant que ma tête et mon corps me le permettront ».
Curieux par nature, le docteur Akiyo n’a jamais cessé de faire évoluer sa pratique pour proposer des soins au plus près des besoins. « La médecine conventionnelle, telle qu’on nous l’enseigne à l’université, est une base. Mais il faut rester ouvert, avoir une vision globale, apprendre d’autres façons de soigner et surtout, écouter ses patients. On ne va pas chez le médecin quand tout va bien. Il faut donc entendre, comprendre et prendre le temps de trouver les méthodes adaptées. Le jour où je ne me sentirai plus curieux de la médecine, j’arrêterai, car être “épicurieux” est pour moi un moteur dans ma pratique médicale ».
Très attaché à sa terre d’adoption, le docteur Akiyo aime rappeler les privilèges de son statut de médecin de campagne. « Être médecin de campagne, c’est différent, on connaît tout le monde, tout le monde nous connaît et on fait partie de la vie des gens. Au fil des années, j’ai soigné plusieurs générations d’une même famille ». Une proximité rare, qu’il considère comme l’une des plus belles récompenses de son métier.
J’ai énormément d’estime pour Jules. C’est un jeune homme déjà très mature, profondément attaché à Saint-Août et à son terroir. Je n’ai plus grand-chose à lui apprendre, il maîtrise la médecine, il ne lui manque plus que l’expérience que seules les années peuvent offrir. Avec le temps, elle viendra naturellement. Saint-Août a beaucoup de chance de pouvoir compter sur un jeune comme lui.